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  <title>La Chevaucheuse des Vents</title>
  <subtitle>Accumulations de déboires, d'écrits vains</subtitle>
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    <name>Lady Northway</name>
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    <title>[Originale] Justice(s)</title>
    <published>2038-01-19T03:14:07Z</published>
    <updated>2009-03-01T16:27:10Z</updated>
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    <lj:music>On s'Emmène - La Rue Ketanou</lj:music>
    <content type="html">&lt;font color="#333333"&gt;&lt;strong&gt;Titre&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;: Justice(s)&lt;font color="#333333"&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Fandom&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;: Original&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;font color="#333333"&gt;Personnage/Couple&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;: No name pour les deux :X&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;font color="#333333"&gt;Rating&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;: PG - 13 &lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;font color="#333333"&gt;Disclaimer&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;: J'ai tout fait toute seule :D C'est une nouvelle, quoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="cutid1"&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="postbody"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La justice sans force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique.&lt;/span&gt; &lt;br /&gt; [ &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Blaise Pascal&lt;/span&gt; ; &lt;span style="text-decoration: underline;"&gt;Pens&amp;eacute;es sur la religion&lt;/span&gt; ] &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt; Ce n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas comme, si, tout d&amp;rsquo;un coup, tout s&amp;rsquo;&amp;eacute;tait &amp;eacute;croul&amp;eacute;, me laissant nue face &amp;agrave; un miroir me renvoyant les pires reflets de mon &amp;ecirc;tre. Ce n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas non plus comme si je n&amp;rsquo;avais pas &amp;eacute;t&amp;eacute; pr&amp;eacute;venue. Et c&amp;rsquo;&amp;eacute;tait encore moins de sa faute, la faute des autres ou la faute de qui que ce soit d&amp;rsquo;autre que moi ou mon destin. Oh, en faite, si, c&amp;rsquo;&amp;eacute;tait peut &amp;ecirc;tre un peu de sa faute. Mais moi, je ne voulais pas en entendre parler, et la culpabilit&amp;eacute;, ce n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas tr&amp;egrave;s important, c&amp;rsquo;&amp;eacute;tait m&amp;ecirc;me plut&amp;ocirc;t un poids. Il fallait juste r&amp;eacute;tablir la situation. Mais mon attention n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas focalis&amp;eacute;e sur ce point pr&amp;eacute;cis. Tout ce que je regardais, &amp;agrave; ce moment pr&amp;eacute;cis, c&amp;rsquo;&amp;eacute;tait ma main, d&amp;eacute;go&amp;ucirc;tante de sang, &amp;eacute;corch&amp;eacute;e, douloureusement entaill&amp;eacute;e, et la vitre &amp;eacute;ventr&amp;eacute;e de la fen&amp;ecirc;tre qui &amp;eacute;tait face &amp;agrave; moi. &lt;br /&gt; Qu&amp;rsquo;est-ce qu&amp;rsquo;il y avait &amp;agrave; dire ? Rien. Pas grand-chose, peut &amp;ecirc;tre. En tout cas, je souriais, encore sous le choc. Le coup &amp;eacute;tait, semble-t-il, parti tout seul. Violent. Trop violent. Et, derri&amp;egrave;re moi, je sentais son ombre vaguement trembler, terrifi&amp;eacute;e. &lt;br /&gt;-N&amp;rsquo;avais-tu donc pas compris ? murmurai-je, et ma voix me surpris, trop lass&amp;eacute;e, trop fatigu&amp;eacute;e, raclant contre les parois de ma gorge. N&amp;rsquo;avais-tu donc pas compris ?! &lt;br /&gt; -Non. &lt;br /&gt; Ce simple souffle, ce petit mot, l&amp;agrave;, fit r&amp;eacute;ellement s&amp;rsquo;&amp;eacute;crouler toutes mes convictions &amp;agrave; son sujet. Il n&amp;rsquo;y avait donc rien &amp;agrave; faire ? Elle n&amp;rsquo;avait rien compris. Rien de rien. Alors, je me remis &amp;agrave; sourire. Fatigu&amp;eacute;e. Tr&amp;egrave;s fatigu&amp;eacute;e. Trop, peut &amp;ecirc;tre, mais ceci n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait qu&amp;rsquo;un d&amp;eacute;tail. &lt;br /&gt;-Tu n&amp;rsquo;avais donc pas compris, pas eu la moindre id&amp;eacute;e de l&amp;rsquo;affront qu&amp;rsquo;il m&amp;rsquo;avait fait ? Et tu l&amp;rsquo;as d&amp;eacute;fendu, l&amp;rsquo;as fait sortir de toutes mis&amp;egrave;res, alors m&amp;ecirc;me qu&amp;rsquo;il ne m&amp;eacute;ritai que cela : ramper par terre et dans la boue, se tra&amp;icirc;ner dans la poussi&amp;egrave;re et la bile qu&amp;rsquo;il a fait vomir aux autres ? C&amp;rsquo;est &amp;agrave; gerber, tu le sais, &amp;ccedil;a ? &lt;br /&gt; -Non, je ne le sais pas. Et je m&amp;rsquo;en fous, d&amp;rsquo;ailleurs.  &lt;br /&gt; -J&amp;rsquo;aurais du m&amp;rsquo;en douter. &lt;br /&gt; Je portais doucement les mains &amp;agrave; mes tempes, commen&amp;ccedil;ant &amp;agrave; les masser. Mais cela faisait mal, et la sensation du frottement du sang contre ma peau &amp;eacute;tait d&amp;eacute;sagr&amp;eacute;able. Seulement, je sentais poindre un violent mal de cr&amp;acirc;ne, peut &amp;ecirc;tre par fatigue, peut &amp;ecirc;tre juste par ennui. Car elle m&amp;rsquo;ennuyait, elle et ses convictions trop modernes, elle et ses id&amp;eacute;es futiles d&amp;rsquo;amour sauveur. L&amp;rsquo;amour, &amp;ccedil;a ne sauve pas. &amp;Ccedil;a vous &amp;eacute;crase juste lamentablement, quand il n&amp;rsquo;y a que cela, quand c&amp;rsquo;est tout seul. L&amp;rsquo;amour seul est injuste. Mourir par amour ? La belle connerie. Tout le monde sait que ceux qui meurent par amour pr&amp;eacute;f&amp;eacute;raient souvent la Mort &amp;agrave; Bien-Aim&amp;eacute;. Il faut dire que la Mort a ses atouts&amp;hellip; &lt;br /&gt; -Mais, vois-tu, j&amp;rsquo;aurais pr&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; que rien n&amp;rsquo;arrive. Cela aurait &amp;eacute;t&amp;eacute; plus simple. &lt;br /&gt;-Quand rien n&amp;rsquo;arrive, il ne sert alors &amp;agrave; rien de vivre, fis-je, mordante. Vivre, c&amp;rsquo;est se battre, tuer le p&amp;egrave;re, assassiner la m&amp;egrave;re, pour se sentir peut &amp;ecirc;tre libre, et, finalement, se rendre compte qu&amp;rsquo;on les a juste garder dans son c&amp;oelig;ur, et c&amp;rsquo;&amp;eacute;tait peut &amp;ecirc;tre mieux. Il faut tuer pour vivre, tuer les id&amp;eacute;es pour en trouver de meilleures. Il faut tuer pour vivre. Et il faut vivre pour mourir. &lt;br /&gt; -Arr&amp;ecirc;te avec tes id&amp;eacute;es connes, OK ? Ca ne nous avancera pas, ta philosophie suicidaire de martyr &amp;agrave; la petite semaine. &lt;br /&gt; -Mes id&amp;eacute;es connes ? Martyr &amp;agrave; la petite semaine ? &lt;br /&gt; Je me retournai brutalement, les yeux br&amp;ucirc;lant de col&amp;egrave;re. Elle recula d&amp;rsquo;un pas, &amp;agrave; nouveau terrifi&amp;eacute;e. Je n&amp;rsquo;&amp;eacute;tais que cela, &amp;agrave; ses yeux de contemporaine philosophie : violence et brutalit&amp;eacute;. Elle en oubliait la beaut&amp;eacute; de la vengeance, elle en oubliait les charmes ind&amp;eacute;niables d&amp;rsquo;une Justice qui, si elle paraissait vide de sens et sans justice, se r&amp;eacute;v&amp;eacute;lait moins pourrie que la leur, corrompue et d&amp;eacute;vor&amp;eacute;e par une cupidit&amp;eacute; qui &amp;eacute;pargnait peu d&amp;rsquo;affaires &amp;ndash; qu&amp;rsquo;importe la puret&amp;eacute; et l&amp;rsquo;honneur de ceux qui s&amp;rsquo;y battait. &lt;br /&gt;-Mes id&amp;eacute;es connes, tu dis ? Elles sont peut &amp;ecirc;tre plus connes que les tiennes ? Et est-ce que toi, tu serais capable de mourir, de r&amp;eacute;ellement mourir, pour ce que tu d&amp;eacute;fends, et pas, insidieusement, pour une cause dont tu n&amp;rsquo;oses voir les r&amp;eacute;elles cons&amp;eacute;quences et les r&amp;eacute;els sous-entendus ? &lt;br /&gt;-La force ne m&amp;egrave;ne &amp;agrave; rien, souffla-t-elle. Tu te trompes sur toute la ligne, &amp;agrave; mon sujet comme au sujet de l&amp;rsquo;amour et de la justice. &lt;br /&gt; Oui, elle tremblait. Elle tremblait, et je m&amp;rsquo;en foutais. Peut &amp;ecirc;tre m&amp;ecirc;me que cela me r&amp;eacute;jouissait, quelque part. Parce qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;avait pas le droit de juger et me cracher son avis dans la figure, quand je tentais de rester polie et ne rien donner de mon avis violent et r&amp;eacute;el sur sa philosophie, sa philosophie qui prenait un malin plaisir &amp;agrave; vouloir me d&amp;eacute;truire. Je pouvais cohabiter avec elle, malgr&amp;eacute; ses d&amp;eacute;fauts et ses oppositions avec moi-m&amp;ecirc;me. Mais je ne pouvais tol&amp;eacute;rer son attitude pitoyable, cette mani&amp;egrave;re de me prendre en piti&amp;eacute;, parce que je ne respectais pas ses codes de vie et sa vision du monde. &lt;br /&gt;-La force ne m&amp;egrave;ne &amp;agrave; rien ? Parce que tu crois que sans force, ta justice pourrait fonctionner ? L&amp;rsquo;homme, il est con, il est cr&amp;eacute;tin, et il fonctionne &amp;agrave; la baguette. Tout seul, il peut &amp;ecirc;tre aussi droit et juste que possible, &amp;ccedil;a ne changera rien : en groupe, il devient, dans cette soci&amp;eacute;t&amp;eacute;, d&amp;rsquo;une connerie crasse et rare. &lt;br /&gt; -Ne juge pas. &lt;br /&gt; -Et c&amp;rsquo;est toi qui me dis &amp;ccedil;a ? &lt;br /&gt; Elle g&amp;eacute;mit. Elle ployait sous la violence que je d&amp;eacute;gageais, cette violence qui montait &amp;ndash; et que je tentais de contenir. Il n&amp;rsquo;y avait donc rien &amp;agrave; faire ? Ce n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas comme si je ne la comprenais pas : ses id&amp;eacute;es &amp;eacute;taient belles, peut-&amp;ecirc;tre, mais il n&amp;rsquo;y avait pas dedans, pour moi, le go&amp;ucirc;t, la point d&amp;rsquo;amertume qui fait vivre. Trop de bonheur tue le bonheur. Un malheur am&amp;egrave;ne avec lui une nouvelle vision des choses, lave int&amp;eacute;gralement une &amp;acirc;me et la fait &amp;eacute;voluer. Le bonheur, c&amp;rsquo;est une &amp;eacute;loge de la paresse et de l&amp;rsquo;immobilisme, alors que moi-m&amp;ecirc;me &amp;eacute;tait une &amp;eacute;manation du pass&amp;eacute; : un pass&amp;eacute; qui voulait avancer dans la vie en conservant sa philosophie. &lt;br /&gt; -Tu es trop violente pour notre &amp;eacute;poque ! Cette &amp;eacute;poque, l&amp;agrave;, qui doit changer, apprendre les vertus de l&amp;rsquo;amour ! &lt;br /&gt; -Mes vertus, les connais-tu ? &lt;br /&gt;-Je connais tes d&amp;eacute;rives, cela me suffit, affirma-t-elle brutalement, en se redressant, droite et fi&amp;egrave;re. Et tes d&amp;eacute;rives sont aussi mauvaises et pourries que toi. &lt;br /&gt;-Moi aussi, je connais tes d&amp;eacute;rives. Et elles sont plus pernicieuses que les miennes. Elles m&amp;egrave;nent en r&amp;eacute;alit&amp;eacute; &amp;agrave; une d&amp;eacute;gringolade, elles plongent les gens dans la violence, dans le r&amp;ecirc;ve &amp;ndash; ou plut&amp;ocirc;t le cauchemar. Les juments de la nuit sont devenus de plus en plus fortes depuis que tu es venue au monde, sur un r&amp;ecirc;ve, une utopie qui aurait pu &amp;ecirc;tre belle sans toutes ses failles. &lt;br /&gt; -Peu importe. Tu dois partir. Laisser le monde en paix. &lt;br /&gt; -Moi, partir ? Non. &lt;br /&gt; Je pris n&amp;eacute;gligemment la bande qu&amp;rsquo;elle me tenait, et ouvrit une bouteille d&amp;rsquo;eau, arrosant mes mains toujours douloureuses et pleines d&amp;rsquo;&amp;eacute;clats scintillants. Cela piquait, comme des petites &amp;eacute;pingles plant&amp;eacute;es dans la chair &amp;agrave; vif, mais il n&amp;rsquo;&amp;eacute;tait pas question pour moi de laisser transpara&amp;icirc;tre, ne serait-ce qu&amp;rsquo;un instant, que je pouvais souffrir physiquement. Je ne pouvais pas souffrir physiquement : cela aurait &amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;agrave; l&amp;rsquo;encontre de ma nature profonde. &lt;br /&gt;-Tu oublis que des gens, ces arri&amp;eacute;r&amp;eacute;s, ceux que tu m&amp;eacute;prises, respectent encore les valeurs de leurs anc&amp;ecirc;tres. Si je suis violente, moi, philosophie n&amp;eacute;e des difficult&amp;eacute;s d&amp;rsquo;une terre glac&amp;eacute;e et des combats pour la vie, toi, tu es capable de faire pourrir parfois les plus belles choses, et de donner naissance &amp;agrave; d'autres qui sont superbes. &lt;br /&gt; -Ton credo de vengeance ne sert &amp;agrave; rien. &lt;br /&gt;-Mon credo n&amp;rsquo;est pas la vengeance. Mon credo est la juste compensation Mais rappelle-toi que ce ne sont ni les d&amp;eacute;rives, ni les mensonges, ni les utilisations abusives qui font ce que je suis. Il est vrai qu'il en est de m&amp;ecirc;me pour toi. Si je suis la juste compensation, tu es la r&amp;eacute;&amp;eacute;ducation : quand tu faillis, seule moi peut r&amp;eacute;tablir la balance. &lt;br /&gt; Elle pencha la t&amp;ecirc;te, pris mes mains et en retira, le plus doucement possible, les &amp;eacute;clats qu'elle y trouvait. Elle ne disait plus rien, ne faisait que sourire, comme apais&amp;eacute;e. Comme s'il n'y avait plus rien &amp;agrave; dire. Et moi, je restais l&amp;agrave;, cherchant des mots pour exprimer ce qu'il manquait &amp;ndash; et je sentais qu'il manquait quelque chose &amp;agrave; cette argumentation. Voil&amp;agrave; pourquoi elle attendait. &lt;br /&gt; Lentement, je lui tournai &amp;agrave; nouveau le dos, songeuse, laissant n&amp;eacute;anmoins l'une de mes mains &amp;agrave; ses bons soins, doux et obligeants. &lt;br /&gt;-Tu es &amp;agrave; l'image des hommes en r&amp;eacute;alit&amp;eacute;. Des hommes qui ont cherch&amp;eacute; &amp;agrave; se lib&amp;eacute;rer des Dieux. Mais finalement, ils n'ont fait que ce soumettre &amp;agrave; d'autres &amp;laquo; dieux &amp;raquo;, qui n'en ont ni le nom, ni la carrure. Ils se sont soumis &amp;agrave; quelque chose de pire. &lt;br /&gt; -Essaye-tu de dire que je suis pire que toi? Que je suis un monstre, un Moloch d&amp;eacute;voreur d'enfant et d'&amp;ecirc;tres humains? &lt;br /&gt;-Non. J'essaye de dire que tu n'es pas affili&amp;eacute;e aux Dieux. Tu es affili&amp;eacute;e aux hommes. Moi, je suis affili&amp;eacute;e aux Dieux. &amp;OElig;il pour &amp;oelig;il, dents pour dents, la punition est &amp;agrave; la hauteur de l'attaque si le c&amp;oelig;ur est pur, et les coupables toujours sanctionn&amp;eacute;s! &lt;br /&gt; -C'est si... pu&amp;eacute;ril? &lt;br /&gt;-C'est ainsi que l'ont dict&amp;eacute; les Dieux, et personne ne pourra nommer les d&amp;eacute;cisions des Dieux &amp;laquo; pu&amp;eacute;riles &amp;raquo; sans oublier Leur nature. Mais deux Justices pour deux natures. C'est peut &amp;ecirc;tre comme cela que doit s'organiser les choses. &lt;br /&gt; -Ta lame est encore plus solide que je ne le pensais. &lt;br /&gt; -Je suis la Justice aveugle. Si ma lame &amp;eacute;tait incapable de frapper... &lt;br /&gt; -... alors les Dieux auraient mal fait les choses. &lt;br /&gt; Je souris, amus&amp;eacute;e, sans qu'elle me voit. Qu'importe si elle me voit, d'ailleurs, puisque c'est presque une habitude d'&amp;ecirc;tre amus&amp;eacute;e une fois qu'elle comprend ce que mes mots veulent dire ; ce que j'incarne. Elle d&amp;eacute;laisse ma main, et exige que je lui donne l'autre ; je ne rechigne pas. Elle a toujours &amp;eacute;t&amp;eacute; comme cela, pr&amp;ecirc;te &amp;agrave; soigner les blessures faites sous mes coups de col&amp;egrave;re ou mes froides d&amp;eacute;cisions. Elle est humaine en cherchant &amp;agrave; apprendre de mani&amp;egrave;res douces aux hommes ; je suis divine en leur offrant de violentes &amp;eacute;preuves, de violentes punitions. Je secoue la t&amp;ecirc;te, un rire au bord des l&amp;egrave;vres, et elle me lance un regard interloqu&amp;eacute;, qui ne rencontre qu'un regard et un sourire amus&amp;eacute;s. &lt;br /&gt; -Tu es toujours la m&amp;ecirc;me. &lt;br /&gt; -Toi aussi. Et alors? Nous sommes sens&amp;eacute;es changer? &lt;br /&gt; -Il paraitrai que ce qu'ils font de nous est sens&amp;eacute; nous influencer... &lt;br /&gt;-Foutaises, grommelai-je, soudainement ennuy&amp;eacute;e. Modifier un ensemble d'&amp;eacute;nergies, oui, ils en sont capables. Les entit&amp;eacute;s en elles-m&amp;ecirc;me? Laisse-moi rire. Ils peuvent s'influencer eux-m&amp;ecirc;me, jouer une com&amp;eacute;die de justice, trainer nos noms dans la boue : mais nous changer? &lt;br /&gt; -Je ne sais pas. Tout n'est-il pas sens&amp;eacute; changer? &lt;br /&gt;-Tout nait, meurt, renait. Mais les grands principes du monde, des mondes, restent les m&amp;ecirc;mes. N'en as-tu pas conscience, toi, jeune Justice? &lt;br /&gt; -Je ne sais pas. Peut-&amp;ecirc;tre. Peut-&amp;ecirc;tre pas. &lt;br /&gt; Et tandis qu'elle bande ma main, avec sa d&amp;eacute;licatesse attentive, je secoue la t&amp;ecirc;te. Que resterai-t-il si m&amp;ecirc;me la justice, les justices, les Justices, la Justice, &amp;eacute;taient chang&amp;eacute;es selon le c&amp;oelig;ur des hommes? Cette simple pens&amp;eacute;e me fait fr&amp;eacute;mir, et tandis qu'elle l&amp;acirc;che ma main, je prend une longue inspiration, cherchant &amp;agrave; calmer la r&amp;eacute;action de mon corps. Il est impossible que je craigne quelque chose, &amp;agrave; fortiori encore moins ceux que je suis sens&amp;eacute;e juger. Car oui, je juge, finalement. Je juge autant que les autres, mais avec toute la connaissance et le savoir des fautes de chacun. Je punis les coupables, qu'ils soient repentant, qu'ils aient oubli&amp;eacute; leurs fautes ou qu'elles br&amp;ucirc;lent encore dans leurs esprits. Je juge, je p&amp;egrave;se chacun de leurs mots, chacun de leurs morts, chacune de leurs &amp;acirc;mes, comme elle tente de le faire avec douceur. &lt;br /&gt; Il n'y a pas qu'une Justice, mais il n'y a pas non plus deux, ni trois, ni mille ou une infinit&amp;eacute; de Justice ; il n'y en a qu'une, une Justice(s) aux murmures pluriels, aux voix divines et humaines, aux voix inaudibles et aux cris hardis. &lt;br /&gt;       Il n'y a pas deux Justices. Il n'y a qu'un pluriel hasardeux, coinc&amp;eacute; entre le souffle d'une volont&amp;eacute;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</content>
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